Situé sur le Rhin, Bâle (Basel) est une ville industrielle de la Suisse septentrionale
Malgré les prévisions optimistes de François Fillon d’ailleurs démenties par Henri Guaino, la crise économique mondiale continue d’exercer ses ravages dans les économies développées et émergentes. Avec le recul de leurs P.I.B. respectifs et l’augmentation continue du chômage, la Suisse et la Finlande sont entrées en récession économique en 2009. Hors UE, les Caraïbes subissent la crise systémique globale si bien que le premier ministre chinois Wen Jiabao désire renforcer la coopération économique avec les multiples micro-états de cette zone maritime stratégique. En septembre 2009 commencera la construction d’un oléoduc et d’un gazoduc en Birmanie (Myanmar) destiné à diversifier l’approvisionnement de la Chine en hydrocarbures.
Suisse : recul du PIB et augmentation du chômage
Mercredi 17 juin 2009, un groupe d’experts suisse a publié des données économiques destinées à prévoir l’évolution structurelle de la Confédération helvétique. En raison de son relatif isolement et d’une conjoncture intérieure très solide, la Suisse avait résisté aux ravages de la crise économiques jusqu’au 4e trimestre 2008.
La Suisse est officiellement entrée en récession économique lors du premier trimestre 2009 lorsque le secteur financier et l’industrie d’exportation ressentirent les premières secousses. Actuellement, différents secteurs axés sur l’économie intérieure et la consommation privée subissent de plein fouet les conséquences de la crise systémique globale. Le tassement de l’activité économique est appelé à se poursuivre au cours des prochains trimestres.
En 2009, le PIB suisse devrait reculer de 2,7 % (contre 2,2 % selon des prévisions antérieures) et en 2010 il se tasserait de 0,4 % (contre une “stagnation” négative de 0,1 % selon de précédentes estimations). Le chômage alors résiduel en Suisse deviendrait structurel : +3,8 % en 2009 et +5,5 % en 2010.
Par conséquent, la Suisse enregistre un spectaculaire ralentissement du travail transfrontalier au cours de 2009. Selon les données fournies mardi 16 juin par l’Office Fédéral de la Statistique Suisse, la Confédération helvétique compte actuellement 213.500 travailleurs transfrontaliers, ce qui représente une hausse annuelle de 2 % entre les premiers trimestres de 2008 et 2009.
En raison d’un marché du travail très dynamique, on avait assisté à une très forte hausse du nombre des travailleurs transfrontaliers au cours des 5 dernières années (+26 %, 43.400 personnes). La progression annuelle de leur effectif était de 9,5 % puis de 6,1 % entre les premiers trimestres 2006-2007 et 2007-2008.
La répartition par pays de la main d’œuvre étrangère n’a pratiquement pas varié au cours des 5 dernières années. La France occupe le premier rang (53 %), l’Italie le second (22%), l’Allemagne le troisième (21 %) tandis que la part autrichienne est marginale (3,3 %).
Environ 75 % de ces transfrontaliers travaillent dans quatre cantons particulièrement dynamiques : Genève et Vaud (capitale Lausanne, francophones), Bâle Ville et Bâle Campagne (nombreuses industries, germanophones) et Tessin (italophone).
Au premier trimestre 2009, les travailleurs transfrontaliers (dont 64 % sont des hommes) représentent 4,7 % de la population active en Suisse.
Triomphalement élu le 7 juin 2009, Timo Soini est le premier eurodéputé finlandais eurosceptique
Finlande : PIB de -6% et chômage de 9 % en 2009
Selon des déclarations prononcées mercredi 17 juin à l’Eduskunta (Parlement finlandais) par le Premier ministre Matti Vanhanen, la Finlande subirait une forte contraction annuelle de son PIB (-6%) pour 2009. Les estimations économiques de mars 2009 avaient estimé ce recul annuel à -5%. Néanmoins, le ministère des Finances prévoit une légère amélioration économique au cours de 2010 (croissance du PIB estimée à +0,5 %).
Selon l’européiste centriste Matti Vanhanen en poste depuis le 24 juin 2003, le chômage devrait fortement augmenter en 2009 (9 % contre 6,4 % en 2008). Matti Vanhannen, qui fut l’un des 105 membres de la Convention sur l’Avenir de l’Europe en charge de la rédaction de la défunte “Constitution européenne“, prévoit même un taux de chômage de 10 % pour 2010. La Finlande avait déjà connu un chômage structurel lors de la récession économique des années 1990.
Après son adhésion à l’Union Européenne (UE) le 1er janvier 1995, la Finlande alors relativement privilégiée avait enregistré une hausse concomitante du chômage et de l’immigration massive (nombreux somaliens jugés indésirables en Russie). À l’instar de la Norvège et de la Suède, la Finlande subit également une islamisation progressive (visible à Helsinki).
Il existe néanmoins un mouvement de droite nationale et eurosceptique “les Vrais Finnois” qui avait effectué une percée notable (5,4 %) lors des dernières élections municipales du 26 octobre 2008. Lors des dernières élections législatives du 18 mars 2007, les “Vrais Finnois” ont recueilli 4,1 % (112.256 voix) ce qui leur a permis d’envoyer 5 députés au sein de l’eduskunta (soit 2 de plus par rapport à la session 2003-2007).
Signalons que l’eduskunta est le parlement monocaméral créé en 1906 alors que la Finlande constituait encore un grand-duché autonome de la Russie sous le tsar Nicolas II. Il est composé de 200 députés élus au scrutin proportionnel dans les quinze districts finlandais.
Créé en 1959, l’ancien Parti agrarien fut rebaptisé “les Vrais Finnois” lors de l’adhésion de la Finlande à l’UE en 1995. Depuis une décennie, les secteurs agricole (sylviculture) et industriel souffrent en raison des politiques délétères des eurocrates apatrides de Bruxelles. Les effets négatifs de la technocratie européiste sur l’économie finlandaise expliquent largement la popularité croissante des “Vrais Finnois”, opposés à l’euro-mondialisme apatride et ultralibéral.
Figure de proue des “Vrais Finnois“, Timo Soini entra en 2000 au conseil municipal d’Espoo, banlieue ouest d’Helsinki et siège social de nombreuses entreprises dont le géant de la télécommunication Nokia. Timo Soini siège depuis 2003 au sein de l’Eduskunta. Lors du premier tour des élections présidentielles le 15 janvier 2006, Timo Soini recueillit 3,43 % des suffrages exprimés (103.492 voix) et se classa 5e parmi les 8 candidats en lice.
En raison de l’aggravation de la situation économique, les “Vrais Finnois” effectuèrent une spectaculaire percée politique lors des élections européennes du 7 juin 2009. La liste des “Vrais Finnois” recueillit 9,79 % (162 571 voix) soit une progression de 9,3 %. Avec 130.432 voix, Timo Soini arriva largement en tête du vote préférentiel devançant le candidat centriste de plus de 50.000 voix !
Carte de l'île de Grenade (capitale Saint-George)
Chine-Caraïbes : renforcement de la coopération économique
La Chine, attentive aux relations géopolitiques et géostratégiques avec la zone Caraïbes, désire également renforcer sa coopération avec les multiples îles et micro-nations caraïbéennes afin de juguler les effets néfastes de la récession économique mondiale.
Mercredi 17 juin à Pékin, le premier ministre chinois Wen Jiabao recevait son homologue de Grenade Tillman Thomas. Située à 200 km au nord du Venezuela et au nord de Trinité et Tobago, Grenade est une île prospère qui s’étend sur 350 km2 pour une population de 90.343 habitants (recensement de 2008). Ancienne colonie britannique, Grenade proclama son indépendance le 7 février 1974. Outre la dynamique activité touristique, l’île regorge de ressources agricoles et d’épices (cannelle, clou de girofle, noix de muscade et curcuma).
Initiées en 1985 mais rompues en 1989 en raison de disputes sur Taïwan, les relations diplomatiques sino-grenadiennes ont repris en 2005 et se sont rapidement consolidées grâce à une coopération bilatérale dans de multiples domaines.
Lors de son entretien avec son homologue de Grenade, Wen Jiabao a souhaité renforcer la coopération existante dans le commerce, le tourisme, l’agriculture et les ressources humaines (formation du personnel grenadien). De son côté Tillman Thomas a salué le rôle positif de la Chine dans les Caraïbes et désire un élargissement de la coopération dans les domaines économique, agricole, touristique et culturel. Ainsi l’économie et le commerce sont aussi importants que la culture et le tourisme au sein de la coopération sino-grenadienne.
Au niveau géopolitique et géostratégique, le président Hu Jintao et son premier ministre réformateur Wen Jiabao représentent un binôme complémentaire. Comme pour l’Afrique, le Moyen-Orient ou l’Amérique latine, la Chine valorise la coopération bilatérale dans de multiples domaines avec des nations souveraines.
Rizières de la province méridionale de Yunnan
Chine-Birmanie : oléoduc et gazoduc
En raison de sa spectaculaire industrialisation et malgré la présence abondante de gaz naturel et de pétrole au Xinjiang, la Chine doit importer en quantité ces indispensables ressources naturelles. Fondée le 5 novembre 1999 et cotée au sein des Bourses de New-York, Shanghaï et Hong-Kong, PetroChina est la première multinationale chinoise spécialisée dans les hydrocarbures.
Actuellement, la Chine s’approvisionne en hydrocarbures par voie maritime notamment à travers le stratégique Détroit de Malacca, qui assure le passage d’un important volume commercial (20 à 25 % au niveau mondial). Mis en service en 2006, l’oléoduc sino-kazakh assure l’importation et l’approvisionnement annuels de 10 millions de tonne de pétrole brut. Fruit de la consolidation de la coopération énergétique bilatérale, l’oléoduc sino-russe entrera en service fin 2010.
Avec le concours de PetroChina, la construction d’un quatrième axe d’approvisionnement en hydrocarbures débutera en septembre 2009. En mars 2009, les gouvernements chinois et birman signent un accord au terme duquel un oléoduc et un gazoduc démarrant du port birman de Kyaukryu (Ouest, sur la côte orientale du Golfe de Bengale) suivront des routes parallèles jusqu’à la ville frontalière de Ruili (province chinoise méridionale de Yunnan).
Long de 1.100 km, l’oléoduc s’achèvera à Kunming (capitale provinciale du Yunnan). Après sa mise en service, l’oléoduc assurera un approvisionnement annuel de 20 millions de tonnes de pétrole brut en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient. Fruit de la coopération énergétique sino-birmane, il économisera 1.200 km par rapport au trajet habituel d’approvisionnement maritime et diminuera la dépendance des pétroliers vis à vis du Détroit de Malacca.
Long de 2.806 km, le gazoduc continuera sa route dans la province méridionale de Guizhou et la région autonome de Zhang de Guangxi (frontalière du Viet-Nam et limitrophe de la prospère province de Guangdong) et assurera un approvisionnement annuel de 12 milliards de m3 de gaz naturel.