Chine/Asie du sud-est

Mardi 13 octobre 2009
Xi Jinping est vice-président de la Chine depuis le 15 mars 2008

Xi Jinping est vice-président de la Chine depuis le 15 mars 2008

 

Mercredi 7 octobre 2009, le vice-président chinois Xi Jinping débuta à Bruxelles sa tournée diplomatique dans cinq pays d’Europe. Après une première étape de trois jours en Belgique, Xi Jinping effectue depuis samedi 10 octobre une visite de quatre jours en Allemagne. Les rencontres politiques du vice-président chinois avec le président Horst Köhler et la Chancelière Angela Merkel visent à consolider les relations diplomatiques bilatérales et la coopération sino-allemande dans de multiples domaines. Après la cérémonie d’ouverture mardi 12 octobre de la 61e Foire internationale du livre à Francfort (Hesse), Xi Jinping poursuivra sa tournée diplomatique en Europe centrale (Bulgarie, Hongrie, Roumanie). Ces cinq étapes en Europe dureront quatorze jours et s’achèveront mercredi 21 octobre. Comme on le constate concrètement, le probable successeur de Hu Jintao en mars 2013 évite soigneusement la France à l’instar du premier ministre chinois Wen Jiabao début 2009.


Entretien Xi Jinping-Horst Köhler

Né le 1er juin 1953 à Pékin, Xi Jinping est un homme politique dont la carrière s’annonce prometteuse. D’ailleurs, le Time le classe parmi les  20 personnalités politiques mondiales les plus influentes. Vice-président de la Chine depuis le 15 mars 2008, Xi Jinping sera le probable successeur de Hu Jintao en mars 2013. Lors de la présidence de l’américanophile et ultralibéral Jiang Zemin (1993-2003), la Constitution nationale décida d’instaurer deux mandats présidentiels non renouvelables.

Anciens présidents de la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement (BERD) de 1998 à 2000 puis du Fonds Monétaire International (FMI) de 2000 à 2004, Horst Köhler symbolise l’euro-mondialisme apatride et le libre-échangisme ultralibéral. Membre de la CDU (Union chrétienne démocrate), Köhler fut élu le 23 mai 2004 Président de l’Allemagne. Il fut réélu le 23 mai 2009 pour un second et dernier mandat présidentiel.

 

Neuvième président allemand, Horst Köhler fut élu le 23 mai 2004 puis réélu le 23 mai 2009 pour un second et dernier mandat

Neuvième président allemand, Horst Köhler fut élu le 23 mai 2004 puis réélu le 23 mai 2009 pour un second et dernier mandat

 

Après son séjour belge de trois jours, Xi Jinping arriva dans la matinée du samedi 10 octobre à Dresde (Saxe) puis débuta la seconde et plus importante étape de sa tournée diplomatique en Europe. Parvenu à Berlin dans la soirée de samedi, Xi Jinping rencontra lundi 10 octobre Horst Köhler et la Chancelière Angela Merkel.

Alors que la France et la Chine établirent des relations diplomatiques dès le 27 janvier 1964, l’Allemagne attendit le 11 octobre 1972 pour signer des accords diplomatiques bilatéraux. En raison de sa politique étrangère lisible et franche, l’Allemagne a considérablement renforcé ses relations diplomatiques et sa coopération bilatérales dans de multiples domaines (relations internationales, économie, commerce, culture, tourisme et patrimoine). Quatrième économie mondiale et première de l’UE des 27, l’Allemagne est d’ailleurs le premier partenaire commercial de la Chine sur le continent européen. La crise systémique globale n’eut aucune incidence sur les relations économiques, industrielles et commerciales sino-allemandes.

Au début de leur entretien, Xi Jinping et Horst Köhler ont insisté sur l’importance mondiale de leurs deux pays respectifs. Horst Köhler souligna même le rôle croissant du géant asiatique sur la scène géopolitique et diplomatique internationales (cf agression israélienne sur la bande de Gaza en décembre 2007-janvier 2008, dossiers nucléaires iranien et nord-coréen).

Basée sur des principes de respect, d’égalité et de bénéfices mutuels, la coopération bilatérale sino-allemande se consolide progressivement dans les domaines politique (échanges parlementaires), diplomatique, économique (crise systémique globale), commercial, environnemental (« réchauffement climatique », « développement durable » : billevesées mondialistes), culturel et touristique (événements littéraires, linguistiques et mise en valeur d’un patrimoine enraciné).

Sur le plan strictement commercial, la Chine et l’Allemagne s’engagent à augmenter leur demande intérieure afin que leur développement respectif ne soit pas basé uniquement sur la demande extérieure. En raison de la crise systémique globale, la consommation intérieure avait chuté dans de nombreuses zones économiques (UE des 27, Amérique du Nord, Japon, Australie et Nouvelle-Zélande). Par conséquent, les exportations commerciales de la Chine chutèrent dès le quatrième trimestre de 2008 et diminuèrent durant le premier semestre 2009.

 

Allemagne/Bundestag-2009

À l'issue des élections fédérales du 27/09/2009, le Bundestag (chambre basse, 622 membres) compte 76 députés de Gauche (Die Linke), 68 Verts (Die Grünen), 146 SPD (Sociaux-Démocrates), 93 FDP (Centre), 239 CDU-CSU (libéraux allemands-conservateurs bavarois)

 

Après son dense entretien avec le président allemand, Xi Jinping rencontra brièvement Guido Westerwelle, président du Parti Libéral Démocrate (FDP, centrisme euro-mondialiste similaire au MoDem de l’ineffable Bayrou). Né le 27 décembre 1961, Westerwelle fut élu président du FDP lors du congrès fédéral de Düsseldorf le 4 mai 2001. Profitant de la célébration du 50e anniversaire d’Angela Merkel, Westerwelle afficha publiquement son homosexualité militante. Fort de sa progression électorale lors des élections fédérales allemandes du 27 septembre 2009 (15 %, 6.313.023 voix et 93 des 622 sièges du Bundestag), le FDP participera à la future coalition gouvernementale d’Angela Merkel.

 

Entretien Xi Jinping-Angela Merkel

Une cérémonie grandiose célébra dimanche 11 octobre le 37e anniversaire de l’établissement de relations diplomatiques entre la Chine et l’Allemagne. Avant sa rencontre officielle, Xi Jinping félicita longuement la Chancelière Angela Merkel pour la victoire de sa formation libérale-conservatrice lors du scrutin législatif de l’automne 2009 (CDU-CSU : 38,4 %, 14.655.004 voix, 239 sièges). Il semblerait d’ailleurs que Xi Jinping ait une prédisposition politique pour les formations libérales-conservatrices (cf sa rencontre capitale le 17 octobre 2008 avec le président de l’UMP Patrick Devedjian afin de renforcer les relations entre le PCC et l’UMP).

Dès le début de son entretien avec Angela Merkel, Xi Jinping souligna les formidables opportunités de développement et d’approfondissement des relations bilatérales sino-allemandes. Son argumentation structurée mit en exergue cinq propositions axées sur la politique ; l’économie et le commerce ; l’environnement ; la presse, l’éducation, la culture et le tourisme ; la géopolitique et les relations internationales.

  • Basée sur les intérêts fondamentaux des deux parties, la coopération politique sino-allemande se consolidera progressivement grâce au maintien de contacts étroits (échanges parlementaires), à une communication renforcée et à un approfondissement de la confiance mutuelle.
  • L’approfondissement de la coopération économique et commerciale bilatérales est destinée à juguler les effets les plus néfastes de la crise systémique globale. Deux délégations chinoises spécialisées dans le commerce et l’investissement se déplacèrent en Allemagne afin de rencontrer des hommes d’affaires influents. De son côté, l’Allemagne s’engage à prendre des mesures substantielles afin de soutenir et de renforcer la coopération bilatérale dans le commerce et l’investissement. Les mesures les plus intensives concernent le secteur stratégique de la haute technologie. Profitant de la commémoration du 60e anniversaire de la proclamation de la République populaire de Chine, Angela Merkel félicita Xi Jinping pour l’extraordinaire développement économique, industriel et commercial de la Chine depuis son ouverture mondiale décrétée le 18 décembre 1978 par le réformateur et visionnaire Deng Xiaoping. Très en verve, Angela Merkel a loué l’audacieux programme gouvernemental de relance économique de novembre 2008 (4 milliards de Yuans), destiné à stimuler la consommation et la demande intérieures. Selon la Chancelière, ces mesures énergiques auront contribué positivement à juguler les effets les plus nocifs de la crise systémique globale et à redresser progressivement une économie mondiale anémiée.
  • La coopération environnementale (« réchauffement climatique », énergies nouvelles et protection de la nature) repose conjointement sur de bons sentiments et une délétère utopie mondialiste.
  • Destinée à renforcer l’amitié sino-allemande, la coopération culturelle et intellectuelle (presse, éducation, tourisme) s’appuie sur un héritage patrimonial et civilisationnel enracinés. La Chine est d’ailleurs à l’honneur lors de la 61e Foire internationale du Livre de Francfort. Xi Jinping participera mardi 12 octobre aux cérémonies d’ouverture de cette incontournable manifestation littéraire. En outre, divers événements seront organisés afin de mettre en valeur l’exceptionnel patrimoine historique et culturel chinois auprès d’un large public allemand. Avant leur rencontre formelle, Xi Jinping avait présenté à Angela Merkel deux ouvrages en anglais sur l’énergie et la technologie informatique rédigés par l’ancien président chinois Jiang Zemin (également théoricien de la doctrine controversée puis abandonnée des « Trois Représentations »).
  • La coopération bilatérale dans les domaines géopolitique, diplomatique et géostratégique vise à promouvoir le développement et la paix au niveau mondial. La Chine soutient activement l’Allemagne afin qu’elle acquière un rôle plus important au sein des institutions internationales (ONU). Comme on le constate concrètement, le renforcement de la coopération sino-allemande sert directement les objectifs du Nouvel Ordre Mondial. La volonté chinoise de maintenir une communication et une coordination avec l’Allemagne pour les grandes questions mondiales (réforme du système financier international, « changement climatique », « sécurité alimentaire et énergétique ») en apporte d’ailleurs une illustration magistrale et une preuve indubitable.

 

En compagnie de Dominique de Villepin à Matignon, Angela Merkel devint le 22 novembre 2005 le huitième chancelier fédéral de l'Allemagne

En compagnie de Dominique de Villepin à Matignon. Angela Merkel devint le 22 novembre 2005 le huitième chancelier fédéral de l'Allemagne

 

Après sa cruciale étape allemande de quatre jours, le vice-président chinois Xi Jinping poursuivra sa tournée diplomatique en Europe centrale (Bulgarie, Hongrie, Roumanie). Après avoir visité cinq pays, Xi Jinping regagnera la Chine mercredi 21 octobre.

Une politique diplomatique lisible, claire et franche contribua profondément au développement et à la consolidation des relations bilatérales sino-allemandes dans de multiples domaines. En revanche, les tergiversations diplomatiques et considérations sibyllines (cf droits de l’homme, Jeux Olympiques d’août 2008, Tibet et la rencontre furtive à Gdansk le 6 décembre 2008 entre Sarkozy et le controversé Dalaï Lama) plombèrent considérablement les relations bilatérales entre la France et la Chine. Dès la présidence de Charles De Gaulle (1890-1970), ces relations furent tumultueuses et ambigües.

À la lumière de ces brèves explications, il ne faut donc pas s’étonner que le premier ministre chinois Wen Jiabao ait ouvertement boudé la France lors de son important périple  diplomatique en Europe entre les 27 janvier et 2 février 2009. La France ne figurait pas non plus sur l’agenda diplomatique de Xi Jinping. Avec les nauséabondes et pitoyables palinodies politiciennes du sarkozysme triomphant (« Affaire Mitterrand », népotisme caricatural, « Affaire Clearstream », cynisme d’État sur Gandrange, taxes carbone et professionnelle …), l’image internationale de la France se dégrada considérablement à l’étranger. D’ailleurs, la France est ouvertement devenue la risée des médias chinois.

Par Jerome moreno herrero
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Mercredi 30 septembre 2009
Alignements d'éoliennes dans une zone désertique de la province de Gansu (capitale Lanzhou)

Alignements d'éoliennes dans une zone désertique de la province de Gansu (capitale Lanzhou)

 

Bien qu’au niveau mondial la France envoie seulement 1 % de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, Sarkozy et son gouvernement croupion ont arbitrairement décidé d’instaurer la fameuse « taxe carbone ». Loin de répondre à des préoccupations environnementales, cette énième taxe est destinée à renflouer les caisses gouvernementales désespérément vides.

En raison de leurs fulgurantes industrialisations depuis trois décennies, la Chine et l’Inde ont grandement contribué à la dégradation de l’environnement et à l’accroissement de la pollution (désertification accrue et perte irrémédiable de terres arables). Néanmoins, la Chine a pris conscience de ce phénomène négatif, d’ailleurs préjudiciable à son indispensable développement économique. En mars 2005, le président chinois Hu Jintao et son équipe élaborèrent une nouvelle doctrine baptisée « Concept de Développement Scientifique ». Solennellement ratifiée en octobre 2007 lors du XVIIe Congrès du PCC, cette doctrine vise à concilier conjointement l’indispensable développement économique avec l’harmonie sociale et le respect de l’environnement.

Bien que le charbon représente encore 70 % de sa consommation énergétique totale, la Chine a décidé de favoriser les énergies renouvelables : nucléaire, éolienne et solaire. En 2009, les énergies éolienne et solaire connaissent un spectaculaire développement dans le Désert de Gobi (province de Gansu, Mongolie Intérieure) et au Xinjiang.


 

Carte physique des zones montagneuses et désertiques de l'Asie centrale, du Nord-Ouest de la Chine et de la Sibérie méridionale

Carte physique des zones montagneuses et désertiques de l'Asie centrale, du Nord-Ouest de la Chine et de la Sibérie méridionale

 

Brève présentation géographique du Désert du Gobi

Étendu sur 1.295.000 km2 (1.610 km du sud-ouest au nord-est et 800 km du nord au sud), le Désert de Gobi est le plus vaste en Asie et le cinquième au niveau mondial. Délimité au nord par la chaîne de l’Altaï, les prairies et steppes de Mongolie, au sud-ouest par le corridor de Hexi (Gansu) et le Plateau tibétain et au sud-est par la Plaine de Chine septentrionale, le Désert de Gobi s’étend au nord et au nord-ouest de la Chine (Région autonome de Mongolie Intérieure, province de Gansu et Xinjiang septentrional) et au sud de la Mongolie (capitale Ulan Bator).

Composé d’étendues sableuses et surtout pierreuses, ce désert inhospitalier aux températures extrêmes (+47° en été et -25° en hiver) comprend trois différents écosystèmes : les steppes du Gobi oriental (281.800 km2 dans la R.A. de Mongolie-Intérieure et en Mongolie), le Plateau semi-désertique d’Alashan au sud-ouest et le Bassin semi-désertique de Djoungarie (380.000 km2) dans le Xinjiang septentrional, délimité par les chaînes montagneuses de l’Altaï au nord et de Tian Shan au sud.

Le Désert de Gobi progresse à un rythme très inquiétant, notamment sur sa bordure méridionale. Il absorbe annuellement 3.600 km2 de prairies. Exacerbant l’inexorable processus de désertification, les tempêtes de sable se sont intensifiées depuis deux décennies et ravagent l’économie agricole de la Chine. Ce phénomène alarmant est accéléré par des causes strictement humaines (déforestation, surpâturage, épuisement des ressources aquatiques) et non pas par un mythique réchauffement climatique. Afin de juguler l’inéluctable avancée du Désert de Gobi, les autorités chinoises ont conçu un audacieux projet baptisé « Grande muraille verte de Chine  » (Great green wall of China). Composée d’un milliard d’arbres, cette ceinture verte s’étirerait sur une longueur de 4.500 km et serait achevée en 2074. En raison de l’érosion des sols, de la pollution croissante, du surpâturage et surtout de la corruption, ce projet pharaonique semble voué à l’échec d’autant plus que 75 % des arbres déjà plantés furent décimés par la sécheresse.

 

Carte administrative du Gansu (capitale Lanzhou) et des provinces, régions autonomes limitrophes

Carte administrative du Gansu (capitale Lanzhou) et des provinces, régions autonomes limitrophes

 

Aperçu géographique de la province de Gansu

Étendu sur 454.000 km2, le Gansu compte 30.711.287 habitants selon le dernier recensement de 2009. Le centre géographique de la Chine se situe dans cette province. Administrativement, le Gansu est délimité au nord-ouest par la la R.A du Xinjiang, au nord par la Mongolie, au nord-est par la R.A. de Mongolie-intérieure, au nord par la R.A. de Ningxia (Hui musulmans), à l’est par le Shaanxi (capitale Xian), au sud par le Sichuan (capitale Chengdu) et au sud-ouest par le Qinghai.

Bâti à 1.600 m d’altitude sur 20 km le long du Fleuve Jaune (Huang He), Lanzhou est la capitale du Gansu (sud-est, 3.310.100 habitants en 2008). Deuxième fleuve chinois (derrière le Yangzi Jiang, 6.380 km) et sixième au niveau mondial, le Huang He (5.464 km) prend sa source dans les Monts Kunlun dans le Qinghai, arrose neuf provinces et se jette dans le Golfe de Bohai.

La population du Gansu comprend 91 % de Han (ethnie majoritaire de la Chine), 5 % de Hui (Han musulmans) et 2 % de Tibétains

Délimité au nord par le Plateau de Mongolie, au sud par les contreforts du Plateau tibétain et à l’est par le fertile Plateau de Lœss, le Gansu est une longue et étroite province dans sa partie centrale (1.500 km de long du nord-ouest vers le sud-est et moins de 100 km de large). L’altitude moyenne du Gansu dépasse les 1.000 mètres sur plus de la moitié du territoire. Extrêmement montagneuse, sa partie méridionale comprend notamment la chaîne de Qilian (limitrophe avec la province de Qinghai). Culminant à 5.547 mètres, le Mont Qilian constitue le sommet du Gansu. En revanche, sa partie septentrionale est plate et englobe une partie du Désert de Gobi.

Naguère emprunté par la Route de la Soie (Antioche-Xian), le Corridor de Hexi forme toujours un axe géostratégique et commercial majeurs. Long de 1.000 km, cet étroit passage constitue l’unique débouché naturel de la Chine vers le Xinjiang et l’Asie centrale. Abritant de nombreuses oasis très fertiles, le Corridor de Hexi se forme près de Lanzhou et s’achève à la Porte de Jade à proximité des frontières provinciales du Gansu et du Xinjiang. Situé dans sa partie la plus occidentale, Dunhuang (130.933 habitants) est une ville oasis connue mondialement pour ses inestimables découvertes archéologiques (Grottes de Mogao) et son incomparable patrimoine historique et culturel. Situé à 6 km au sud-ouest de la ville oasis de Jiayuguan (127.532 habitants) et construit sur un col dans la partie la plus étroite du Corridor de Hexi, le Fort de Jiayuguan forma le premier dispositif occidental de la Grande Muraille de Chine et constitua à ce titre un verrou stratégique vers l’Asie centrale.

 

Lanzhou_Skyline_2009

Panorama nocturne de l'agglomération urbaine de Lanzhou (capitale du Gansu) et du Fleuve Jaune (Huang He)

 

Situé dans la partie la plus étroite du Corridor de Hexi (Gansu occidental), le Fort de Jiayuguan constitue le plus ancien dispositif occidental de la Muraille de Chine

Situé dans la partie la plus étroite du Corridor de Hexi (Gansu occidental), le Fort de Jiayuguan constitue le plus ancien dispositif occidental de la Muraille de Chine

 

Gansu : Plus grand complexe éolien mondial à Jiuquan et développement de l’énergie solaire à Dunhuang

En raison de ses caractéristiques géographiques et climatiques, le Désert de Gobi est balayé toute l’année par de puissants vents. En août 2009, la construction du plus grand complexe éolien mondial a débuté près de la ville de Jiuquan (district de Guazhou, préfecture de Jiuquan, Gansu occidental). Lors de sa mise en service prévue en 2015, ce champ éolien sera en mesure de générer une puissance de 12,71 GWh. Ce complexe sera alors le premier au niveau mondial à délivrer une puissance supérieure à 10 MWh.

Sa production annuelle d’électricité est évaluée à 29,23 TWh, soit près du tiers de celle du Barrage des Trois-Gorges sur le Yangzi Jiang (6.380 km, plus long fleuve d’Asie et 3e au niveau mondial derrière l’Amazone et le Nil, source à 5.042 m dans le sud-ouest du Qinghai et embouchure au nord de l’agglomération de Shanghaï). Construit en amont de Yichang (Hubei occidental), les Trois-Gorges constituent le plus vaste barrage hydroélectrique mondial (longueur : 2.335 mètres, hauteur : 100 m, réservoir : 1.084 km2, puissance :  84,7 TWh). Ainsi, ce champ éolien permettra l’économie de près de 10 millions de tonnes de charbon et la réduction de dizaines de milliers de tonnes de particules et de gaz à effet de serre.

 

Ville oasis commerciale du Gansu occidental, Dunhuang est cerné dès sa périphérie par de hautes dunes de sable

Ville oasis commerciale du Gansu occidental, Dunhuang est cerné dès sa périphérie par de hautes dunes de sable

 

La préfecture de Jiuquan possède des ressources uniques dans le domaine éolien tandis que le district de Guazhou est surnommé « l’entrepôt mondial du vent ». Selon un responsable préfectoral chargé de l’énergie, la capacité des complexes éoliens exploitables s’élève à 40 GWh.

Situé à l’extrémité occidentale du Gansu, Dunhuang est une ville oasis commerciale naguère à la jonction de deux pistes caravanières de la Route de la Soie. La construction d’installations photovoltaïques dotées d’une puissance de 10 MWh et connectées au réseau électrique a démarré fin août 2009 à l’extérieur de l’agglomération de Dunhuang dans le Désert de Gobi. Une deuxième installation similaire en puissance sera installée à proximité fin 2009. Ces deux complexes solaires généreront annuellement une production électrique supérieure à 30 GWh.

Selon d’ambitieux objectifs énergétiques encouragés par le gouvernement local, les centrales photovoltaïques auront une capacité totale de 750 MW. À court terme, Dunhuang se métamorphosera en « ville pilote de la production d’électricité photovoltaïque dans le désert de Gobi ».

 

Carte de la Route de la Soie en Asie centrale et en Chine occidentale. De Kashgar à l'ouest à Dunhuang à l'est, deux itinéraires commerciaux contournent au nord et au sud l'aride Désert de Taklamakan

Carte de la Route de la Soie en Asie centrale et en Chine occidentale. De Kashgar à l'ouest à Dunhuang à l'est, deux itinéraires commerciaux contournent au nord et au sud l'aride Désert de Taklamakan

 

Xinjiang : développement embryonnaire des énergies éolienne et solaire

Naguère traversé par la Route de la Soie (Turfan, Aksu, Kashgar), la Région Autonome de Xinjiang mise également sur les énergies renouvelables (éolienne, solaire). Aménagée dans la grande banlieue d’Ürümqi, la centrale éolienne de Dabancheng fait désormais partie des dix sites touristiques incontournables de la capitale du Xinjiang. Sur un gigantesque panneau jouxtant l’autoroute reliant Dabancheng à Ürümqi, l’automobiliste ou le touriste de passage lit le texte suivant : « les ressources pétrolières de la planète ne peuvent être utilisées que pour encore 40 ans. Le problème de l’énergie concerne la survie et le développement de l’humanité dans les prochaines décennies ».

Étendu sur 337.000 km2 (1.000 km d’ouest en est et 500 km du nord au sud) dans la Région Autonome de Xinjiang, le Désert de Taklamakan (surnommé « la mer de la Mort ») est délimité par les chaînes montagneuses de Tian Shan au nord, du Pamir à l’ouest, de Kunlun au sud et s’ouvre à l’est sur le Désert de Gobi. Désert essentiellement sableux et pierreux, le Taklamakan est jonché par de nombreuses dunes de plus de 40 mètres de hauteur.


Carte topographique du Bassin du Tarim (400.000 km2, 1.000 d'ouest en est et 400 km du nord au sud). Long de 2.030 km, le Tarim disparait dans le marécage salé de Lop Nor

Carte topographique du Bassin du Tarim (400.000 km2, 1.000 km d'ouest en est et 400 km du nord au sud). Long de 2.030 km, le Tarim disparait dans le marécage salé de Lop Nor

 

En raison de sa situation extrêmement continentale en Asie centrale et de sa relative proximité avec les masses d’airs glaciales de la Sibérie, ce désert dénué de toute vie animale présente des conditions climatiques extrêmes (-40° en hiver et +50° en été). Durant les terribles tempêtes hivernales de 2008 (25 janvier au 6 février 2008), le Désert de Taklamakan fut recouvert dans son intégralité par une fine couche de neige de 4 cm d’épaisseur.

En pente descendante de l’ouest vers l’est, le Désert de Taklamakan occupe la quasi-intégralité du Bassin du Tarim (400.000 km2, 1.000 km d’ouest en est et 400 km du nord au sud). Long de 2.030 km, le Tarim est un fleuve peu profond dont les eaux boueuses se perdent dans l’immense marécage salé de Lop Nor (780 m, sud de Turfan).

Le Désert de Taklamakan est bordé par de nombreuses villes oasis sur ses périphéries septentrionale (Turfan), méridionale (Kasghar, Yarkand, Khotan) et orientale (Dunhuang). En raison de son caractère extrêmement inhospitalier, les caravanes commerciales de la Route de la Soie empruntaient soit les itinéraires septentrional et méridional. Situé à 1.300 m d’altitude, Kasghar était situé à la jonction occidentale de ces deux itinéraires qui se rejoignaient à l’est à Dunhuang.

 

Elaborée par les Universités américaine de Harvard et chinoise de Tsinghua, cette carte scientifique illustre les taux d'efficacité pour les grands complexes éoliens

Élaborée par les Universités américaine de Harvard et chinoise de Tsinghua, cette carte scientifique illustre les taux de capacité pour les grands complexes éoliens

 

Avantages et inconvénients des énergies renouvelables en milieu désertique

À la lumière de ces brèves présentations géographique et climatique, les Déserts de Gobi et de Taklamakan offrent des opportunités exceptionnelles pour les énergies renouvelables. Le développement de ces énergies propres est spectaculaire dans le Gansu qui ambitionne désormais d’édifier une capitale de « l’énergie verte » dans le Corridor de Hexi.

Voici les trois principaux avantages des énergies éolienne et solaire en milieu désertique : elles sont inépuisables (ensoleillement et vents permanents), n’occupent aucune surface agricole cultivée et par conséquent ne nécessitent aucun déplacement forcé de populations rurales contrairement à la construction du Barrage des Trois Gorges. Même si leur esthétique est fort discutable, ces éoliennes n’enlaidissent pas trop ces paysages désertiques mornes contrairement à la France  (cf Mont Saint-Michel) ou dans d’autres pays d’Europe.

On relève deux inconvénients majeurs (coût extrêmement élevé, instabilité et rigueur climatiques) qui freinent le développement de cette industrie novatrice. La préfecture de Jiuquan a émis des inquiétudes sur le transport très onéreux de l’électricité de l’ouest vers le centre et les régions industrialisées de la façade orientale (Municipalités autonomes de Pékin et Tianjin, provinces de Hebei, Shandong, Jiangsu, zone portuaire de la municipalité autonome de Shanghaï, provinces de Zhejiang, Fujian, Guangdong, RAS de Hong-Kong et Macau).

Par conséquent, les autorités préfectorales de Jiuquan se battent avec acharnement pour attirer sur leur territoire de grandes entreprises peu polluantes et peu consommatrices en eau. En utilisant sur place l’électricité produite par les complexes éoliens et solaires, ces entreprises joueront donc un rôle capital dans le processus encore embryonnaire du développement économique et industriel de la Chine occidentale. Par conséquent, l’exploitation industrielle des énergies renouvelables dans le Gansu et le Xinjiang favorisera la prospérité économique et commerciale de ces territoires excentrés et situés aux marches de l’Eurasie continentale au carrefour de l’Occident et de l’Orient.

Par Jerome moreno herrero
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Samedi 19 septembre 2009
La pollution atmosphérique se manifeste sous la forme d'un smog permanent dans l'agglomération de Pékin (Beijing)

La pollution atmosphérique se manifeste sous la forme d'un smog permanent dans l'agglomération de Pékin (Beijing)

 

La Chine s’apprête à commémorer avec faste le 60e anniversaire de la proclamation de la République populaire. Présidée par Hu Jintao depuis le 15 mars 2003, la Chine contemporaine n’a plus rien avoir avec celle du 1er octobre 1949 et du triomphe de l’idéologie maoïste. Après la réprobation unanime de la criminelle « Révolution Culturelle » (1966-1976), le réformateur et visionnaire Deng Xiaoping (1904-1997) décréta le 18 décembre 1978 l’ouverture économique et commerciale mondiales de la Chine. Fervent soutien de la propriété privée et de la libre entreprise, Deng Xiaoping créa notamment quatre Zones Économiques Spéciales ou ZES (Shenzhen, Zhuhai et Shantou dans le Guangdong et Xiamen dans le Fujian) qui furent à l’avant garde du spectaculaire développement économique chinois.

Les politiques économiques de Deng Xiaoping et de ses successeurs se focalisèrent sur la croissance du PIB et reléguèrent au second plan les questions sociales et environnementales. Les inégalités sociales et territoriales se creusèrent rapidement et atteignirent leur paroxysme sous la présidence de l’américanophile et ultralibéral Jiang Zemin (1993-2003). Successeur de Jiang Zemin, Hu Jintao élabora en mars 2005 la doctrine du « Concept de Développement Scientifique », qui vise à concilier l’indispensable développement économique avec les questions sociale, territoriale et écologique. Par conséquent, la crise systémique globale représente un enjeu moindre que les défis évoqués précédemment.


Pollution, sécheresse et maladies, rançons du développement industriel

Frontalier de la Birmanie, du Laos et du Viet-Nam, le Yunnan (capitale Kunming) est une province montagneuse, essentiellement agricole et réputée pour ses terrasses rizicoles

Frontalier de la Birmanie, du Laos et du Viet-Nam, le Yunnan (capitale Kunming) est une province montagneuse, essentiellement agricole et réputée pour ses terrasses rizicoles

 

L’agriculture de plaine et de montagne souffrit particulièrement lors du spectaculaire développement économique et industriel. Les terres arables diminuèrent inexorablement et étaient confisquées arbitrairement par les autorités provinciales afin d’ouvrir des mines de charbon, de fer ou de gigantesques entreprises. L’industrialisation anarchique de la Chine provoqua diverses pollutions dont les pluies acides constituent une des formes les plus inquiétantes. Les zones arides progressent de manière inquiétante : Déserts de Gobi dans la Région autonome de Mongolie-Intérieure, de Taklamakan (Bassin du Tarim) et de Dzoosotoyn Elisen (Bassin de Dzoungarie) dans la Région autonome de Xinjiang.

Les sécheresses annuelles s’intensifient dans les six provinces céréalières de la Chine septentrionale et orientale (Shandong, Henan, Hebei, Anhui, Shanxi, Gansu). Exacerbé par une industrialisation déraisonnable, ce phénomène naturel affecte en priorité l’approvisionnement en eau des habitants, du bétail et des cultures agricoles. L’impact financier est considérable puisque le gouvernement central débloque régulièrement des aides financières urgentes destinées à aider les agriculteurs et éleveurs de ces provinces.

Provoquée par une chute drastique des précipitations, la sécheresse la plus dramatique se produisit entre octobre 2008 et février 2009. 7,9 millions d’hectares furent touchés par ce cataclysme climatique dans ces six provinces, greniers agricoles de la Chine. Pour la seule province de Shanxi (centre-nord, capitale Taiyuan), 1 million d’habitants, 160.000 têtes de bétail, 520.000 hectares (dont 140.000 très gravement) furent concernés par ce phénomène croissant et prolongé.

En août 2009, Xinhua révélait au grand jour un scandale sanitaire dans la province de Shaanxi (centre-ouest, capitale Xian). Issus de deux villages jouxtant une entreprise sidérurgique, 615 enfants sur 731 avaient un taux anormalement élevé de plomb dans leur sang. 166 enfants furent hospitalisés tandis que le gouvernement du district s’engageait à régler leurs frais médicaux. Les autres enfants bénéficièrent d’un traitement médical à domicile. Une concentration de plomb dans le sang supérieure à 100 ml multiplie les risques de saturnisme (empoisonnement par le plomb). Dans la matinée du lundi 17 août 2009, plusieurs centaines de villageois très remontés ont protesté aux abords de la fonderie incriminée. Environ 100 policiers intervinrent rapidement pour ramener l’ordre tandis que le maire d’un des villages proposait sa médiation auprès des habitants et de l’entreprise.

Remarquons au passage que l’accès à l’information s’est considérablement amélioré en Chine. Il y a cinq ou dix ans ce type de nouvelles aurait été publiquement étouffées dès le niveau provincial.

 

Séparée de la Mer Jaune par les deux péninsules de Liaodong au nord et Shandong au sud, la Mer de Bohai possède trois baies (Laizhou au sud, Bohai à l'ouest et Liaodong au nord). La Mer de Bohai constitue une voie maritime très fréquentée au plan mondial.

Séparée de la Mer Jaune par les deux péninsules de Liaodong au nord et Shandong au sud, la Mer de Bohai possède trois baies (Laizhou au sud, Bohai à l'ouest et Liaodong au nord). La Mer de Bohai constitue une voie maritime très fréquentée au plan mondial.

 

Pékin (Beijing) : construction du 6e périphérique et limitation partielle de la pollution

Si l’agglomération commerciale et portuaire de Shanghaï est au bord de la congestion, la municipalité autonome de Pékin a dépassé ce seuil depuis de nombreuses années. Engendré par une pollution atmosphérique exponentielle, un brouillard perpétuel (smog) enveloppe l’agglomération de Pékin (16.808 km2 et 14.930.000 habitants). Le phénomène fut d’ailleurs perceptible durant le déroulement des Jeux Olympiques de Beijing en août 2008. La circulation alternée ne résout que très partiellement le problème.

Construit très progressivement à partir de décembre 1998, le sixième périphérique de Pékin fut officiellement ouvert à la circulation samedi 12 septembre 2009, après l’achèvement complet du tronçon ouest long de 38,28 km. Avec ses 187,6 km, le 6e périphérique de Pékin constitue la plus longue autoroute urbaine de la Chine (1/5 des autoroutes de la capitale). Reliée à d’autres autoroutes nationales, cette nouvelle infrastructure facilite la communication de la capitale avec de proches communes périphériques (Chengde dans la province de Hebei) ou des districts semi-ruraux auparavant difficilement accessibles (Pinggu, Est).

Le 6e périphérique de Pékin est destiné à réduire les embouteillages urbains, à améliorer la qualité moyenne de l’air grâce à une réduction attendue de 3 % des émissions des pots d’échappement ainsi qu’à fluidifier le transport des passagers et marchandises. Selon un rapport indépendant, les bénéfices escomptés par cette spectaculaire infrastructure urbaine sont estimés à 184,5 milliards de Yuans d’ici 2030 (soit le décuple du coût d’origine).

Pékin et son agglomération en plein développement économique constituent un carrefour stratégique avec les trois provinces du nord-ouest (Heilongjian, capitale Harbin ; Jilin, capitale Changchun et Liaoning, capitale Shenyang) ainsi qu’avec les villes portuaires et commerciales septentrionales (municipalité autonome de Tianjin où sont assemblés les Airbus A320, Dalian surnommé la « Hong-Kong du Nord » et stratégiquement situé sur le Détroit de Bohai entre le Golfe de Bohai et la Mer Jaune dans la province de Liaoning et Qinhuangdao sur le golfe de Bohai dans la province de Hebei). Précisons d’ailleurs que situé à 130 km de la capitale, Tianjin est relié à Pékin en seulement 30 minutes depuis la mise en service d’un TGV le 1er août 2008 (3 départs dans l’heure et amplitude de 5 à 23 heures).

 

L'ancien président chinois Jiang Zemin (27 mars 1993-15 mars 2003) et son épouse en compagnie du couple président américain dans leur ranch texan de Crawford le 25 octobre 2002

L'ancien président chinois Jiang Zemin (27 mars 1993-15 mars 2003) et son épouse en compagnie du couple présidentiel américain dans leur ranch texan de Crawford le 25 octobre 2002

 

Idéologie officielle : des « Trois représentations » de Jiang Zemin au « Concept du Développement Scientifique » de Hu Jintao

Élaboré en mars 2005 par Hu Jintao devenu président le 15 mars 2003, le « Concept de Développement Scientifique » a officiellement remplacé en octobre 2007 lors du XVIIe Congrès du P.C.C. la fumeuse théorie dite des « Trois représentations » de son prédécesseur Jiang Zemin. S’appuyant conjointement sur la production économique, le développement culturel et le consensus politique, ce concept fumeux et hermétique constituait une synthèse idéologique des diverses réflexions de l’américanophile et ultralibéral Jiang Zemin, ami personnel de l’ancien premier ministre libéral canadien Jean Chrétien (1993-2003). Compromis boiteux entre des doctrines libre-échangiste, sociale-démocrate et maoïste, les « Trois représentations » constituaient en réalité une version ultralibérale de l’ancienne théorie de Deng Xiaoping sur le « Socialisme aux caractéristiques chinoises  ». Son but principal résidait dans la transformation du Parti Communiste Chinois (PCC) en une force politique démocratique similaire au SPD allemand ou au PSOE espagnol et dans son ouverture à la grande majorité du peuple chinois (classes moyennes émergentes) et notamment aux hommes d’affaires, dirigeants d’entreprises.

 

Du 8 au 10 septembre 2008, le président chinois Hu Jintao inspecte différentes exploitations agricoles dans la province de Henan (centre-est, capitale Zhenzhou)

Du 8 au 10 septembre 2008, le président chinois Hu Jintao (c) inspecta différentes exploitations agricoles dans la province de Henan (centre-est, capitale Zhenzhou)

 

Sur une ligne économique très proche de celle d’Alain Madelin ou d’Hervé Novelli, Jiang Zemin évoqua brièvement cette théorie pour la première fois en février 2000. Profitant du 80e anniversaire de la fondation du P.C.C. en 1921, Jiang Zemin formula  et approfondit en 2001 « SA » doctrine : « En un mot, notre Parti doit toujours représenter les demandes de développement des forces productives progressistes chinoises, l’orientation de la culture d’avant-garde et les intérêts fondamentaux de la majorité de la population du pays ». Inscrite solennellement dans les statuts du P.C.C. lors du XVIe Congrès en novembre 2002, la théorie figura officiellement en mars 2003 dans la constitution nationale.

Jugée à juste titre incompréhensible par de nombreux cadres du P.C.C., cette théorie abstraite fit l’objet de plusieurs rapports critiques en interne. Deux critiques fondamentales émergèrent de ces rapports. Selon ses détracteurs, la promotion de la théorie des « Trois Représentations » établirait sournoisement un nouveau culte de la personnalité en faveur de Jiang Zemin, qui n’hésitait d’ailleurs pas à plagier des pensées de Mao Zedong (1893-1976). Néanmoins, le plus grave résidait dans la priorité accordée à la production économique ou aux « forces sociales productives » au détriment de l’aspect humain. Concrètement, ces critiques mettent en lumière le développement croissant des inégalités sociales, territoriales et la passivité politique de Jiang Zemin pour juguler ces problèmes épineux.

 

Lors d'un voyage dans la région autonome du Xinjiang entre les 22 et 25 août 2009, Hu Jintao visite une exploitation arboricole de noyers (préfecture d'Aksu, Nord-Ouest)

Lors d'un voyage dans la région autonome du Xinjiang entre les 22 et 25 août 2009, Hu Jintao (d) visita une exploitation arboricole de noyers (préfecture d'Aksu, Nord-Ouest)

 

Le fossé social devint rapidement abyssal entre les cadres, nouveaux riches des mégalopoles urbaines et industrielles et les paysans, montagnards, ouvriers et mineurs exclus du spectaculaire développement économique. Mentionnons également l’accroissement spectaculaire du nombre de migrants (140 millions), irrésistiblement attirés vers les mégalopoles industrielles et technologiques de la façade orientale.

Les disparités territoriales et géographiques devinrent également béantes entre certaines provinces et agglomérations maritimes de la façade orientale en plein développement économique, industriel, commercial et technologique (Pékin et son agglomération,  villes portuaires de Tianjin, de Dalian sur le Golfe de Bohai, métropole portuaire de Shanghaï, provinces de Jiangsu, de Fujian et surtout de Guangdong avec la ZES de Shenzhen, RAS de Macao et Hong-Kong sur le delta de la Rivière des Perles) et d’autres provinces rurales et montagneuses de l’arrière pays (Henan, Yunnan, Sichuan, Guizhou, Hunan, Hubei, Shaanxi et Gansu) sans oublier les régions autonomes de Xinjiang, de Mongolie-Intérieure et du Tibet.

Ces inégalités combinées avaient atteint leur paroxysme lors de la dernière partie du second mandat présidentiel de Jiang Zemin, actuellement disparu de la scène politique chinoise en raison de sa très forte impopularité. Néanmoins, avant de se retirer au printemps 2003 en faveur de son successeur Hu Jintao, Jiang Zemin avait pris soin de nommer tous ses affidés les plus flagorneurs aux postes politiques et économiques les plus stratégiques. Connus sous le sobriquet péjoratif de « Clique de Shanghaï », ces fidèles de Jiang Zemin surveillent attentivement la politique mise en œuvre par Hu Jintao. Bien que leur surveillance se relâche progressivement, ces individus en collusion avec certains gouverneurs provinciaux réactionnaires ne manquent jamais une occasion pour freiner, voire saboter les plus audacieuses réformes politiques et économiques de Hu Jintao.

 

Géologue et ingénieur de formation, le premier ministre Wen Jiabao est resté très proche du monde agricole

Géologue et ingénieur de formation, le premier ministre Wen Jiabao est resté très proche du monde agricole

 

Bien que Hu Jintao et Wen Jiabao soient officiellement devenus respectivement président le 15 mars 2003 et premier ministre le 16 mars 2003, ils durent ronger leurs freins durant deux ans en raison d’une influence prolongée de Jiang Zemin. 2005 marqua un tournant décisif lors du premier mandat présidentiel de Hu Jintao, puisqu’il put enfin contrôler les affaires de l’État, du P.C.C. et de la Défense (Armée Populaire de Libération, A.P.L.).

En mars 2005 lors d’une réunion officielle entre hauts dirigeants nationaux, Hu Jintao et l’ensemble de ses collègues profitèrent de cette fenêtre politique pour réorienter la philosophie du P.C.C. et élaborer un nouveau concept destiné à remplacer définitivement la théorie des « Trois Représentations ». Baptisé « Concept de Développement Scientifique  », ce nouveau corpus rompit radicalement avec la priorité accordée à la production économique et mit l’accent sur l’harmonie sociale et le respect de l’environnement.

Officiellement en vigueur depuis octobre 2007, cette synthèse idéologique repose sur une société individualiste et est caractérisée par une subtile association de concepts égalitaires. On relève notamment la volonté plus ou moins utopique de bâtir une société harmonieuse et démocratique (revenu minimum, respect de la loi et équité entre les citoyens sans distinction de classes sociales). Lors d’un précédent article, nous avions évoqué les préoccupations sociales et démocratiques de Wen Jiabao, qualifié d’ailleurs de « populiste » tant par la presse intérieure (Hong-Kong et Taïwan) qu’internationale. Parmi ces mesures phares, figurent l’établissement progressif d’ici 2020 de la sécurité sociale et du droit à la retraite pour tous les habitants des districts ruraux et montagneux.

 

Le 26 mai 2007, le premier ministre chinois visita un village de la province du Shaanxi (centre-ouest, capitale Xian) et s'entretint avec de jeunes enfants délaissés par leurs parents partis travailler sur la côte industrialisée

Le 26 mai 2007, le premier ministre chinois visita un village de la province du Shaanxi (centre-ouest, capitale Xian) et s'entretint avec de jeunes enfants délaissés par leurs parents partis travailler sur la côte industrialisée

 

« Concept de Développement Scientifique » : mise en œuvre progressive et applications concrètes

Même si la pensée politico-philosophique de Hu Jintao reste difficile à cerner pour de nombreux politologues, le président chinois met l’accent sur les questions environnementales (développement durable et respect accru entre l’homme et la nature) et territoriales. Bien que le charbon représente encore 70 % de sa consommation énergétique totale (soit 40 % de plus que la moyenne mondiale), la Chine mise désormais sur les éoliennes, les énergies solaire et nucléaire. Comme on le constate concrètement, Hu Jintao se passe aisément des conseils moralisateurs de l’ex-révolutionnaire embourgeoisé et agitateur professionnel Daniel Cohn-Bendit, de la pétroleuse Dominique Voynet ou de l’intrigante Cécile Duflot.

Destinés en priorité aux vingt millions de migrants de retour dans leurs provinces rurales et montagnardes d’origine, de multiples emplois furent créés grâce au volontarisme de certaines autorités provinciales et aux substantielles aides financières des autorités centrales. Hu Jintao a déjà aboli tout impôt pour les agriculteurs extrêmement pauvres et tente de faire entrer le secteur hospitalier dans le giron public.

La construction des « autoroutes rurales » et d’autres infrastructures de base (chemins de fer, aéroports d’altitude) constituent des projets prioritaires pour un désenclavement économique urgent des régions autonomes de Xinjiang et du Tibet. Versées par les autorités centrales, des aides financières très généreuses soutiennent l’ensemble de ces projets audacieux, destinés au rattrapage industriel et technologique de ces régions excentrées et caractérisées par une géographie et un climat très ingrats. En raison d’un sécessionnisme extrémiste larvé au Tibet et d’un séparatisme islamiste virulent au Xinjiang, ces projets d’aménagement du territoire visent à combattre conjointement tout obscurantisme politique et religieux. Fomentées à l’intérieur, dans certains pays limitrophes et  également depuis les USA par l’affairiste séparatiste extrémiste Rebiya Kadeer, les violentes émeutes urbaines et ethniques d’Ürümqi du 5 juillet 2009 (197 morts et 1.680 blessés) furent volontairement exacerbées dans le but de saboter l’ensemble de ces réformes économiques et d’enrayer la croissance du PIB du Xinjiang. Destinée à affaiblir la Chine devenue menaçante en raison de son spectaculaire développement économique, cette stratégie des américano-mondialistes fait partie d’un processus plus global de déstabilisation de l’arc himalayen (Afghanistan, Pakistan, Inde, Népal).

 

Le 5 juillet 2009, le premier ministre chinois Wen Jiabao déjeune en compagnie de mineurs, dans une zone minière du nord de la province de Shanxi (centre-nord, capiale Taiyuan)

Le 5 juillet 2009, le premier ministre chinois Wen Jiabao déjeune en compagnie de mineurs, dans une zone minière du nord de la province de Shanxi (centre-nord, capitale Taiyuan)

 

Sur un plan plus large, ce Concept entend lutter implacablement contre la corruption des hauts cadres et officiels du P.C.C. et secouer l’inertie de certains gouverneurs réactionnaires et passifs. Comme on l’a précédemment mentionné, ces derniers en collusion avec la « Clique de Shanghaï » ne ménagent pas leurs efforts pour court-circuiter localement toutes les réformes qui leur déplaisent.

Bien évidemment, de très nombreuses réformes politiques, économiques et sociales demeurent en chantier ou à l’état embryonnaire. Pour le monde rural, le premier ministre Wen Jiabao s’est engagé à abolir la taxe du gouvernement central qui concerne encore 730 millions de paysans et à intensifier les aides financières pour les établissements scolaires en milieu rural. D’ailleurs, Wen Jiabao accorde une très grande importance à l’éducation scolaire et à la formation intellectuelle des jeunes ruraux et notamment les enfants des migrants. Comme certains migrants ne reviennent même pas annuellement dans leurs villages d’origine, leurs enfants sont élevés soit par des oncles, tantes et grands-parents et grandissent au sein d’une cellule familiale déstructurée (cf photo ci-dessus dans la province de Shaanxi).

Wen Jiabao s’engage également à honorer les arriérés de salaire (12 milliards $) des 140 millions de migrants, dont le dur labeur quotidien contribue grandement au spectaculaire développement économique, industriel et commercial de la Chine. Le premier ministre promit également de débloquer la somme colossale de 10,9 milliards de Yuan (1,3 milliard $) pour réemployer les licenciés économiques devenus chômeurs après l’éclatement de la crise systémique mondiale. Enfin, Wen Jiabao a promis de consacrer 3 milliards de Yuans pour l’amélioration de la sécurité des ouvriers et notamment des mineurs. En effet, de très nombreux accidents du travail tuent annuellement des ouvriers dans des mines de charbon ou de fer (provinces industrielles de Liaoning et de Shanxi). D’ailleurs, leur condition journalière reste très similaire à celle décrite dans la deuxième moitié du XIXe Siècle par l’écrivain Émile Zola.

Néanmoins, malgré la crise systémique globale de l’été 2008, la Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale derrière les USA et devant le Japon et l’Allemagne, première économie de l’eurozone des 16 et de l’UE des 27. Enfin, selon de nombreuses estimations d’économistes issus de différents cabinets, la Chine serait en mesure d’atteindre en 2009 une croissance annuelle de 8 %, seuil minimal en dessous duquel le géant asiatique serait confronté à de graves troubles politiques, sociaux et ethniques.

Par Jerome moreno herrero
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Lundi 24 août 2009
Limitrophe de Hong-Kong, Shenzhen constitue une ville champignon dans le Guangdong. Depuis la fin des années 1970, sa croissance démographique et économique est la plus forte de la Chine.

Limitrophe de Hong-Kong, Shenzhen constitue une ville champignon dans le Guangdong. Depuis la fin des années 1970, sa croissance démographique et économique est la plus forte de la Chine.

 

Malgré les assertions péremptoires de certains économistes, la Chine a relativement bien résisté face aux effets nocifs de la crise systémique globale. Au cours de 2009, la Chine est devenue la seconde puissance économique mondiale derrière les USA et devant le Japon, également affaibli sur le plan politique. Les indices concordants de reprise économique se manifestent dans trois domaines différents : industrie, énergie et social.

La production industrielle de la Chine a progressé de 10,8 % en juillet 2009. Deux gigantesques gisements pétroliers furent récemment découverts dans la région autonome de Mongolie Intérieure et dans le golfe de Bohai. Lorsque la compagnie pétrolière, gazière et pétrochimique Sinopec (9e rang mondial) racheta son concurrent canadien Addax Petroleum, la Chine effectua sa plus importante opération financière à l’étranger. Mardi 18 août, le premier ministre chinois Wen Jiabao a officiellement lancé un audacieux projet pilote qui vise à établir progressivement d’ici 2020 un système de retraite et de sécurité sociale pour l’ensemble des districts ruraux et montagnards. L’objectif majeur est de favoriser l’égalité sociale à travers la Chine et réduire les écarts croissants entre les régions fortement urbanisées et industrialisées de la façade orientale et les provinces montagnardes et rurales de l’intérieur.


Juillet 2009 : hausse de 10,8 % de la production industrielle

Selon les données officielles du Bureau d’État des Statistiques (BES), la production industrielle chinoise a augmenté de 10,8 % en juillet 2009. Même si ce taux enregistre un net recul (-3,9 %) par rapport à juillet 2008, il progresse légèrement par rapport au mois dernier (10,7 % soit + 0,1 %). La production industrielle avait progressé de 8,9 % en mai 2009. Sur deux mois consécutifs, ce taux enregistre donc une croissance à deux chiffres depuis septembre 2008.

 

Le port de Shanghaï bourdonne nuit et jour grâce à une activité industrielle et commerciale constantes

Le port de Shanghaï bourdonne nuit et jour grâce à une activité industrielle et commerciale constantes

 

La production industrielle avait augmenté de 7 % lors du premier semestre 2009 (5,1 % et 9,1 % lors des premier et second trimestres 2009). En incorporant le mois de juillet, ce taux est de 7,1 %. Par rapport à juillet 2008, les 39 secteurs industriels ont connu une croissance, ce qui fournit une nouvelle illustration concrète de la solidité de la reprise économique.

Parmi les secteurs industriels en forte croissance, on relève le textile (8,6 %), l’industrie légère (9,2 %), l’industrie lourde (11,3 %) et les matériaux, produits chimiques (11,7 %). La branche énergétique présente une situation plus contrastée comme l’illustrent les productions de charbon (+ 14,8 %, 260 millions de tonnes), de pétrole (-0,3 %, 16,14 millions de tonnes), de l’acier (+ 12,6 %, 50,68 millions de tonnes ) et d’électricité (+ 4,8 %).

Contrairement à la France et aux autres nations de l’UE des 27 écrasées par la tutelle oppressante de la technocratie apatride de Bruxelles, la Chine forme une nation souveraine sur les plans économique, monétaire et commercial. Par conséquent à l’automne 2008, les autorités politiques ont librement concocté un audacieux plan de relance de 4 milliards de Yuans. Appliqué dès novembre 2008, il était destiné à soutenir les secteurs industriel, commercial (exportations vers les USA, l’UE des 27, l’Australie) et agricole. De même, cet audacieux plan de relance fut complété à plusieurs reprises depuis janvier 2009, si bien que certaines branches industrielles malmenées par la crise systémique globale reçurent des aides ciblées.

De nombreux économistes avaient estimé que les premiers effets bénéfiques de ce plan seraient ressentis lors du troisième trimestre de 2009. En réalité, les premiers signes concordants de reprise économique se manifestèrent dès avril 2009.

 

Séparée de la Mer Jaune par les deux péninsules de Liaodong au nord et Shandong au sud, la Mer de Bohai possède trois baies (Laizhou au sud, Bohai à l'ouest et Liaodong au nord). La Mer de Bohai constitue une voie maritime très fréquentée au plan mondial.

Séparée de la Mer Jaune par 2 péninsules (Liaodong au nord et Shandong au sud), la Mer de Bohai possède 3 baies (Laizhou au sud, Bohai à l'ouest et Liaodong au nord) et constitue une voie maritime, industrielle, commerciale très fréquentée.

 

Découvertes de champs pétrolifères et gaziers

En juillet 2009, un immense gisement pétrolifère fut découvert dans la région autonome de Mongolie Intérieure (nord) par une filiale de Sinopec. D’après les premières estimations des géologues, ce champ recèlerait 140 millions de tonnes de pétrole brut de bonne qualité. 800 personnes participent à son exploration qui s’achèvera à la fin du mois d’août. 130 millions de Yuans (19,11 millions $) ont déjà été investis pour la phase d’exploration. Son exploitation débutera dans un an.

Spécialisé dans l’exploration et l’exploitation maritimes de pétrole brut et de gaz naturel, CNOOC (China National Offshore Oil Corporation) est une entreprise publique dont la principale filiale CNOOC Ltd est cotée dans les bourses de New-York (NYSE) et de Hong-Kong (HKSE). Classé en 2009 au 318e rang mondial, CNOOC qui est le plus important producteur chinois de pétrole offshore, emploie 57.000 personnes et possède son siège social à Pékin.

Selon un communiqué de presse diffusé jeudi 13 août 2009, CNOOC Ltd a découvert un nouveau champ pétrolifère et gazier situé dans le nord-est de la baie de Liadong dans la Mer de Bohai (est de Pékin). Zone maritime en plein essor économique et commercial, la Mer de Bohai est relativement peu profonde et recèle de nombreux champs de pétrole et de gaz naturel. Au cours de 2009, CNOOC Ltd avait déjà effectué plusieurs découvertes, ce qui permettra à moyen et à long terme une consolidation des réserves de la Compagnie.

Situé à environ 26 mètres sous le niveau de la mer, le puits de pétrole et de gaz fut foré jusqu’à 2.215 mètres. Selon des estimations effectuées lors d’un premier forage, les productions quotidiennes de pétrole et de gaz atteindraient 1.700 barils et 122.000 m3 (400.000 pieds3).

 

Station service de Sinopec (pétrole, gaz, raffinage et pétrochimie)

Station service de Sinopec (pétrole, gaz, raffinage et pétrochimie)

 

Sinopec : bénéfices en hausse de 332,8 % et rachat du canadien Addax

Classé en 2009 au 9e rang mondial, China Petroleum & Chemical Corporation (Sinopec) emploie 639.690 personnes et possède son siège social à Pékin. Entreprise publique, elle est cotée dans les bourses de Shanghaï (SSE), Hong-Kong (HKEX) et New-York (NYSE). Spécialisée dans les activités pétrolière, gazière et pétrochimique, Sinopec est présente en Afrique (Gabon, Éthiopie et Soudan). En février 2002, sa filiale Unipec avait signé au Gabon un contrat avec la compagnie française Total.

Dans un communiqué diffusé dimanche 23 août, Sinopec annonce qu’au premier semestre 2009 ses bénéfices nets avaient atteint 33,25 milliards de Yuans (4,87 milliards $) et bondi de 332,8 % par rapport à la même période de 2008. Les bénéfices par action ont grimpé de 0,294 à 0,383 Yuan.

Mardi 18 août 2009, Sinopec annonce qu’une de ses filiales internationales a racheté pour 8,32 milliards de dollars canadiens son concurrent Addax Petroleum Corporation. L’acquisition d’Addax se monte à 52,8 dollars canadiens (46 $) par action. Il s’agit d’un événement économique historique, puisque ce rachat est le plus important effectué par une compagnie chinoise à l’étranger.


Carte du gisement pétrolier dans le Golfe de Guinée, exploré et exploité par la compagnie canadienne Addax

Carte du gisement pétrolier dans le Golfe de Guinée, exploré et exploité par la compagnie canadienne Addax

 

Spécialisé dans les forages pétroliers et gaziers en Afrique sub-saharienne et au Moyen-Orient, Addax est une compagnie canadienne dont le siège social est basé à Genève. Depuis la signature d’un accord bilatéral entre le Nigéria et la Guinée-Équatoriale, Addax explore et exploite un immense champ pétrolier dans le Golfe de Guinée (très riche en hydrocarbures avec le delta du Niger). Étendu sur 34.500 km2 à environ 180 km au sud des côtes nigérianes, cet immense champ pétrolifère est situé entre 1.500 mètres (nord) et 3.500 mètres (sud-ouest) sous le niveau de la mer.

En raison de son spectaculaire développement industriel et économique entamé à la fin des années 1970, le pétrole, le gaz et le charbon sont progressivement devenus des matières premières et sources d’énergies vitales pour la Chine. Avec l’accroissement des échanges commerciaux avec l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Amérique Latine, la Chine est devenue une puissance énergétique incontournable sur le plan mondial. L’Angola, premier partenaire commercial de la Chine sur le continent africain, connait depuis 2002 un accroissement spectaculaire de sa production pétrolière (offshore et au large de l’enclave de Cabinda). Même si la Chine reste dépendante de la péninsule arabique pour ses approvisionnements en hydrocarbures, son sous-sol recèle d’énormes quantités de pétrole et de gaz dans la région autonome du Xinjiang et offshore dans la Mer de Bohai.


Géologue et ingénieur de formation, le premier ministre Wen Jiabao est resté très proche du monde agricole

Géologue et ingénieur de formation, le premier ministre Wen Jiabao est resté très proche du monde agricole

 

Wen Jiabao : incarnation du « populisme » chinois ?

Sur un plan strictement politique, Wen Jiabao fut un proche allié de l’ancien premier ministre Zhao Ziyang (juin 1983-novembre 1987). En raison de son attitude clémente et de sa volonté de dialogue avec les manifestants de la Place Tian’anmen au printemps 1989,  Zhao Ziyang (17 octobre 1919-17 janvier 2005) fut immédiatement proscrit puis placé en résidence surveillée jusqu’à sa mort.

Sous la houlette et en collaboration avec l’ancien premier ministre Zhu Rongji (17 mars 1998-16 mars 2003), le vice premier ministre Wen Jiabao menait d’audacieuses politiques sociales en faveur des ouvriers et des paysans (modernisation des entreprises étatiques, lutte contre le chômage urbain, limitation de la fiscalité et protection des paysans face à des officiels corrompus …). Ces politiques étaient destinées à réduire les inégalités sociales croissantes entre les citadins aisés des zones industrialisées de la façade orientale et les paysans et mineurs des zones rurales et montagnardes de l’intérieur.

Dans les zones urbaines et industrialisées (Pékin, Jiangsu, Shanghaï, Fujian et Guangdong avec la ZES de Shenzhen), les inégalités sociales se développaient également entre les ouvriers prolétarisés dans les entreprises étatiques et les cadres constituant une classe moyenne embryonnaire. Même si les autorités politiques désiraient juguler le chômage urbain consécutif à la modernisation des entreprises d’État, de nombreux ouvriers furent licenciés et guettés par une inéluctable marginalisation sociale. À cette époque, Zhu Rongji et Wen Jiabao ont établi des garanties de protection sociale (assurances chômage et maladie). Appliquées dans les zones urbaines et les mégalopoles industrielles, ces aides sociales étaient et restent encore inexistantes dans les provinces rurales et montagnardes. Dans le même temps, les autorités politiques centrales tentaient de développer ces provinces isolées afin d’enrayer l’inexorable exode rural vers les mégalopoles de la façade orientale et d’apaiser un mécontentement social croissant.

Le 15 mars 2003, Hu Jintao succéda à son prédécesseur Jian Zemin (1993-2003, américanophile et ultralibéral). Dès le lendemain 16 mars, Wen Jiabao succéda à Zhu Rongji, très respecté et populaire en raison de ses réformes sociales.

Dès son accession au poste de premier ministre, Wen Jiabao donna la priorité aux questions sociales et se préoccupa des disparités géographiques et provinciales. En raison de son intérêt très marqué pour les zones rurales, montagnardes et minières, une poignée d’intellectuels, de bobos ainsi que  la presse intérieure (Hong-Kong, Taïwan) et internationale le qualifièrent de « populiste ». Lors de ces fréquents déplacements en province, Wen Jiabao donne des directives très précises aux autorités provinciales. Signalons que certains gouverneurs provinciaux, englués dans leur bureaucratie conservatrice, freinent et parfois sabotent les réformes sociales décidées depuis Pékin.


Le 26 mai 2007, le premier ministre chinois visita un village de la province du Shaanxi (centre-ouest, capitale Xian) et s'entretint avec de jeunes enfants délaissés par leurs parents partis travailler sur la côte industrialisée

Le 26 mai 2007, le premier ministre chinois visita un village de la province du Shaanxi (centre-ouest, capitale Xian) et s'entretint avec de jeunes enfants délaissés par leurs parents partis travailler sur la côte industrialisée

 

Citons trois exemples de déplacements dans des zones rurales et minières particulièrement défavorisées.

1/ En juin 2003, Wen Jiabao visita une importante zone minière située dans le nord-est de la province de Liaoning (nord-est, capitale Shenyang). À cette époque, de nombreuses familles de mineurs s’entassaient dans des taudis insalubres. Après sa visite, Wen Jiabao ordonna aux autorités provinciales de prendre des mesures immédiates afin d’améliorer les logements des mineurs et de leurs familles. À partir de 2005, les bidonvilles insalubres furent démolis et un vaste plan de rénovation urbaine fut établi dans ces villes minières. Les nouveaux logements furent plus spacieux et équipés de commodités urbaines (eau, électricité et chauffage). Fin 2006, près de un million de personnes issues de 11 communes différentes de la province de Liaoning étaient déjà relogées dans les nouvelles habitations. Lors de sa seconde visite en février 2007, Wen Jiabao constata concrètement les améliorations apportées aux logements et profita de l’occasion pour s’entretenir avec les habitants.

2/ Comme nous l’avons déjà évoqué dans de précédents articles, le spectaculaire développement économique et industriel de la Chine accéléra l’exode rural vers les grands centres urbains et industrialisés de la façade orientale. Poussés par la nécessité, de jeunes pères et mères de famille ont migré et délaissé leurs enfants, élevés par leurs grand-parents, oncles ou tantes. Le phénomène des migrations internes provoqua une déstructuration de la cellule familiale traditionnelle d’autant plus que certains parents ne reviennent même pas tous les ans dans leur village. Ces enfants restés à la campagne ou à la montagne sont communément dénommés « laissés derrière » (left-behind). Quelques jours avant la célébration annuelle du « Jour des enfants », le 26 mai 2007 Wen Jiabao se rendit dans un village situé dans le nord-ouest de la province de Shaanxi (centre-ouest, capitale Xian débouché de la « Route de la Soie »). Il profita de l’occasion pour s’entretenir avec des enfants scolarisés en primaire et réaffirma l’importance de l’instruction générale dès la prime enfance.

3/ Le 30 novembre 2007, Wen Jiabao visita plusieurs villages du comté de Shangcai situé au centre de la province de Henan (intérieur, Est). En raison de ventes illégales de sang, beaucoup de villageois furent atteints du sida et de nombreux enfants se sont retrouvés orphelins. Parmi les 38 cas de sida les plus critiques dans la province de Henan, 22 sont répertoriés dans le seul compté de Shangcai. Selon un report médical publié en novembre 2007, la Chine recensait officiellement 223.500 personnes affectées par le virus HIV et 700.000 séropositifs. Rappelons que sans être un tabou, ce sujet reste délicat en Chine. Le premier ministre avait déjà visité ce comté la veille de la fête du printemps en 2005. Lors de sa seconde visite, il était accompagné d’un universitaire de Wuhan et s’entretint longuement avec plusieurs patients atteints du sida, soit à leurs domiciles ou à la clinique. Wen Jiabao visita même une entreprise agricole dont le patron avait contracté le virus et devait faire face à une sérieuse baisse de son chiffre d’affaires. Le premier ministre avait d’ailleurs consommé des légumes sur place afin d’inciter les villageois à revenir et effectuer leurs achats dans cette exploitation.

 

Le 5 juillet 2009, le premier ministre chinois Wen Jiabao déjeune en compagnie de mineurs, dans une zone minière du nord de la province de Shanxi (centre-nord, capiale Taiyuan)

Le 5 juillet 2009, le premier ministre chinois Wen Jiabao déjeune en compagnie de mineurs, dans une zone minière du nord de la province de Shanxi (centre-nord, capitale Taiyuan)

 

Citons maintenant trois faits politiques marquants de Wen Jiabao

1/ Lors d’un discours prononcé le 27 février 2007, Wen Jiabao évoqua la démocratie comme un concept universel et non occidental. Dans son état actuel, la Chine n’est pas encore prête pour un régime démocratique. Le processus de démocratisation s’effectuera donc progressivement avec la mise en place d’indispensables réformes économiques, sociales et éducatives. Peu connu en France et même en Europe occidentale, le document est disponible ici.

2/ Le 28 février 2009, Wen Jiabao dialogua en direct avec les internautes et s’efforça de répondre à une multitude de questions sur des thèmes très variés. L’une de ses réponses les plus marquantes est le droit du peuple à critiquer le gouvernement. Wen Jiabao possède d’ailleurs un profil public sur le réseau social Facebook où il compte plus de 100.000 soutiens à travers la planète. Il est le seul homme politique non américain à entrer dans la catégorie des cinq hommes publics les plus populaires sur Facebook.

3/ Lors d’un entretien publié en septembre 2008, Wen Jiabao déclara que le système démocratique doit être amélioré en Chine. Ses futurs objectifs consistent à établir un pouvoir judiciaire indépendant et à autoriser la critique populaire de la politique gouvernementale.

 

Dans les zones rurales et montagnardes de l'intérieur, de nombreux chinois âgés ne disposent pas de la retraite, ni de la sécurité sociale

Dans les zones rurales et montagnardes de l'intérieur, de nombreux chinois âgés ne disposent pas de la retraite, ni de la sécurité sociale

 

Wen Jiabao : droit à la retraite d’ici 2020 pour tous les ruraux

Lors d’un discours prononcé mardi 18 août 2009, Wen Jiabao a officiellement lancé son projet pilote destiné à établir progressivement d’ici 2020 un système de retraite et de sécurité sociale pour l’ensemble des ruraux et montagnards. Dès la fin de l’année 2009, cette couverture sociale doit s’appliquer dans 10 % des districts ruraux et montagnards. L’instauration progressive de ce système vise à favoriser une meilleure harmonie sociale et surtout à réduire les écarts croissants entre les régions hyper-développées de la façade orientale et les zones rurales, montagnardes isolées et peu industrialisées.

Malgré un certain ralentissement économique provoqué par la crise systémique globale, Wen Jiabao exhorte le gouvernement central et les autorités provinciales à intensifier leurs efforts financiers afin de lancer cet audacieux projet social. Il s’agit également de consolider la sécurité sociale déjà existante dans les zones urbaines.

Le fonds des retraites sera alimenté par les cotisations des paysans ainsi que par les subventions du budget central et des autorités provinciales. Dès à présent, tous les habitants des zones rurales et montagnardes âgés de 16 ans peuvent se joindre à ce programme. Grâce à ce nouveau système progressivement mis en place jusqu’en 2020, un paysan âgé percevra une somme mensuelle dont le montant aura préalablement été fixé par le gouvernement, en fonction du niveau de vie de sa province.

L’établissement de ce système rural de retraite et de sécurité sociale apporte une démonstration magistrale de la solidité économique de la Chine. Le géant asiatique renoue progressivement avec la croissance économique, industrielle et commerciale tandis que certains experts prévoient une progression de 8,5 % du PIB lors du troisième trimestre 2009. En fonction de ce cas de figure, la Chine devrait enregistrer  une croissance de son PIB légèrement supérieure à 8 % pour l’année 2009. Comme on l’a déjà évoqué dans de précédents articles, un taux de croissance du PIB inférieur à 8 % provoquerait immanquablement des troubles politiques, sociaux et ethniques.

Par Jerome moreno herrero
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Jeudi 23 juillet 2009
Stratégiquement situé au confluent de l'Amour et de l'Oussouri à 30 km de la frontière chinoise, Khabarovsk est la 2e agglomération urbaine de la Russie orientale

Stratégiquement situé au confluent de l'Amour et de l'Oussouri à 30 km de la frontière chinoise, Khabarovsk est la 2e agglomération urbaine de la Russie orientale

 

Destinés à contrer le terrorisme international, des exercices militaires conjoints sino-russes se déroulent actuellement sur cinq jours (mercredi 22 au dimanche 26 juillet 2009) sur la base d’entraînement tactique de Taonan (province de Jilin, Nord-Est de la Chine). Outre les secteurs cruciaux géopolitique et géostratégique, on assiste donc à la consolidation de la coopération sino-russe dans de multiples domaines : économie, commerce, culture, éducation, santé, énergie, sciences, technologie. Cette coopération étroite dans des domaines régaliens et stratégiques remet en cause les conceptions étriquées de certains géopolitologues français prônant un rapprochement de l’Europe occidentale avec la Russie (Eurasie) afin de contrer l’influence générale d’une Chine jugée menaçante.


Chine-Russie : exercices militaires conjoints contre le terrorisme international

Également destinés à commémorer le 60e anniversaire de la fondation de la “Nouvelle Chine” et de l’établissement de relations diplomatiques entre la Russie et la Chine, ces exercices militaires conjoints («Mission de paix-2009») se déroulent dans le cadre de l’Organisation de Coopération de Shanghaï (OCS). Structure eurasiatique intergouvernementale fondée à Shanghaï les 14 et 15 juin 2001, l’OCS regroupe actuellement 6 pays permanents : la Chine, la Russie, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kirghizistan. La Mongolie devint un pays observateur en 2004, tandis que le Pakistan, l’Inde et l’Iran obtinrent ce statut privilégié dès l’année suivante. Logiquement, ce statut d’observateur fut refusé aux USA en raison de leur impérialisme et ingérence mondialistes. En revanche depuis 2009, la Biélorussie et Sri Lanka sont des partenaires de discussions de l’OCS.

 

Parachutistes russes défilant le 9 mai 2005 lors du 60e anniversaire de la commémoration de la défaite de l'Allemagne nazie

Parachutistes russes défilant à Moscou le 9 mai 2005 lors du 60e anniversaire de la commémoration de la défaite de l'Allemagne nazie

 

Baptisés «Mission de paix», des exercices militaires sino-russes s’étaient déjà déroulés en 2005 et 2007. Notons la présence d’observateurs militaires des 4 pays d’Asie centrale membres permanents de l’OCS et de son secrétariat général basé à Pékin. Quant à l’autre structure permanente de l’OCS (à caractère anti-terroriste), son siège se trouve dans la capitale ouzbek Tachkent.

Situé à proximité de la frontière sino-russe, Khabarovsk est progressivement devenu une zone d’importance majeure sur les plans géopolitique et géostratégique. Situé à 800 km au sud-est de Khabarovsk, la ville portuaire de Vladivostok sur l’Océan Pacifique possède une importance stratégique sur le plan naval.

C’est tout naturellement à Khabarovsk que les généraux Nikolai Makarov, chef d’État-major général de l’Armée russe et Chen Bingde, chef de l’État-major général de l’Armée Populaire de Libération (APL) ont minutieusement planifié et annoncé ces exercices militaires conjoints de 5 jours sur la base tactique de Taonan.

Les manœuvres actuellement en cours sur la base d’entraînement chinoise, impliquent 2.600 militaires russes et chinois des armées de terre et de l’air ainsi qu’une quarantaine d’avions, d’hélicoptères sans oublier un équipement spécial hautement sophistiqué. Outre son spectaculaire redressement  économique et commercial, la Russie a récemment retrouvé une stature géopolitique et géostratégique qui la rend incontournable sur la scène diplomatique mondiale. Outre une croissance économique et commerciale fulgurantes depuis la fin des années 1980, la Chine a renoué avec une certaine gloire militaire “impériale”. Ses forces défensives sont nettement supérieures à celles de “l’armée de moitié” en France ainsi que d’autres armées de l’UE des 27. Contrairement à son encombrant voisin nord-coréen et à une certaine propagande gauchiste et anti-militariste, le développement du budget chinois de la Défense ne s’effectue pas au détriment de l’Instruction publique et de la culture.

 

Militaires chinois en tenue de camouflage urbain (g) et désertique (d)

Militaires chinois en tenue de camouflage urbain (g) et désertique (d)

 

Ces manœuvres militaires conjointes entre la Russie et la Chine sont indispensables en raison de la menace diffuse et polymorphe du terrorisme international (attentats en Tchétchénie, troubles récurrents au Caucase, séparatisme extrémiste et islamiste au Xinjiang). Les sanglantes violences urbaines et ethniques d’Ürümqi (capitale de la région autonome de Xinjiang) ont été orchestrées et encouragées depuis l’étranger par l’affairiste extrémiste Rebiya Kadeer ainsi que différents mouvements séparatistes et islamistes en liaison avec des organisations terroristes comme le Mouvement International du Turkestan Oriental (MITO).

Par conséquent, ces exercices conjoints visent à entraîner les militaires sino-russes pour des situations exceptionnelles  : guérilla urbaine, prises d’otage dans un immeuble ou une cave difficile d’accès, assauts de nids terroristes éparpillés dans une zone montagneuse. En revanche, les exercices évitent logiquement les schémas plus classiques des guerres de position ou de mouvement.

Alors que l’intégration complète de la France au sein des structures militaires de l’OTAN affaiblit notre armée déjà fragilisée et achève de l’inféoder aux volontés des impérialistes atlanto-mondialistes, la Chine et la Russie consolident leur coopération géostratégique afin de lutter contre un terrorisme international à la fois diffus et polymorphe. Malgré leur coopération très étroite dans de multiples domaines dont celui hautement stratégique de la Défense, ces deux immenses nations historiques et souveraines ne pratiquent aucune ingérence dans leurs affaires de politique intérieure.

Contrairement aux impérialistes américano-mondialistes et à leurs serviles valets euro-atlantistes qui utilisent la menace terroriste pour envahir des nations libres et indépendantes dans le but d’accroître leur ingérence déjà oppressante et faire main basse sur les richesses naturelles du Moyen-Orient, la Chine et la Russie respectent scrupuleusement les nations souveraines et leurs régimes politiques. Logiquement, ces 2 nations émergentes (par ailleurs membres du BRIC avec l’Inde et le Brésil) sont en tête des pays non alignés et tentent de favoriser l’émergence d’un monde multipolaire constitué de diverses nations plus ou moins homogènes et indépendantes.

D’ailleurs, le combat américain contre le “terrorisme islamiste” est à géométrie variable puisque les États-Unis soutiennent ouvertement l’Arabie Saoudite fondamentaliste (wahabbisme) ou le Kosovo mafieux et crypto-islamiste. De même, les USA abritent de faux opposants politiques et authentiques agitateurs extrémistes comme la tristement célèbre Rebiya Kadeer, qui profite cyniquement de son confortable exil pour fomenter au Xinjiang de violentes émeutes séparatistes et semer la haine ethnique entre les Han et les Ouïghours dont l’immense majorité désire pourtant vivre en harmonie et développer conjointement cette région autonome à l’immense potentiel humain et
Par Jerome moreno herrero
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